La « rose nocturne ». Sa mère avait toujours aimé les fleurs, elle était d'ailleurs fleuriste, elle composait des bouquets pour des personnes de haut rang. De toutes ces beautés éphémères, la rose nocturne était sa préférée. Eàrànë tenait donc son prénom de l'appellation originel de cette fleur très particulière, appellation qui était tirée du langage ancien de Démons. On ne la trouvait qu'en plein milieux du désert, dans l'Oasis de la Nuit Eternelle. Comme la rose, elle était belle : sa peau était blanche tout comme le bouton au coeur de la plante, ses yeux et ses cheveux étaient du même noir bleuté que les pétales semblables au ciel nocturne. Bien qu'aspirant à devenir une grande Guerrière, elle restait femme et donc très coquette. Elle prenait soin de son corps grâce à son entraînement physique, un régime alimentaire spécial et des soins qu'elle fabriquait elle-même, elle s'occupait avec grande attention de son apparence, elle faisait tout son possible pour accentuer sa beauté, à l'aide de khôl, de rouges, de poudres, de parfums... Aujourd'hui elle ressemblait peu à une combattante vêtue d'une tenue de voyage blanche cousue de perles nacrées, seule son Arme d'Âme, une épée courte à la lame aux reflets mauves, permettait de s'assurer qu'elle n'était pas là que pour minauder devant les hommes. Eàrànë répondit en souriant :
« Je vous remercie, Do'Hegié. Je suis heureuse que vos anciens m'aient honorée en me donnant leur accord pour que je puisse venir poursuivre mon apprentissage, ici, dans la tribu des plus grands.
- Notre savoir est un Art que nous nous faisons un devoir de partager avec ceux qui le méritent et dont les qualités physiques comme psychiques correspondent à celles du Guerrier. Je ne t'en dirais pas plus sur ce sujet, car tu auras bien le temps d'en entendre parler au court de ton étude. Désires-tu t'installer maintenant ou préfères-tu faire un peu le tour du village ?
- J'aurais tout le temps de m'installer plus tard, et j'attends de voir de mes propres yeux cet endroit depuis bientôt trois années. J'accepte donc avec joie que vous me fassiez visiter ce lieux chargé d'histoire, Do'Hegié. »
Le Chef lui adressa un signe de tête et lui demanda de le suivre. Tenant son tivyenn par la bride, elle prit la suite d'Hegié. Elle osait à peine cligner des yeux, de peur que tout ne disparaisse en un instant. Elle qui venait d'une grande Cité, elle était peu habitué à tout ce qui défilait sous son regard... Tant de naturel ! Les femmes entamaient doucement la journée en cuisinant sur le pas de leur porte, ou lavant leurs bébés dans des bacs taillés dans des troncs, des enfants jouaient autour d'un loup apprivoisé sagement couché. Les vêtements étaient chatoyants, les habitations avaient les murs extérieurs couverts de peaux, souvent ornées de plumes, d'os taillés, de sculptures en bois ou de dessins colorés. A son passage, tout le monde la dévisageait, mais trop occupée à emplir sa tête de cette simplicité elle ne s'en apercevait même pas. Malgré tout, elle se sentait un peu en trop, avec sa tenue digne d'une reine, elle regrettait d'avoir voulu faire la prétentieuse.
Hegié lui racontait en même temps qu'ils avançaient l'histoire de la tribu, les origines de certaines familles dont ils croisaient les cases, quelques anecdotes récentes. Ils arrivèrent à la place principale, coeur même du village. Il lui expliqua que tout avait été construit autour de cette place. Elle était encerclée de 7 grandes résidences. La première était la sienne, celle des Chefs et de leurs familles. La seconde était celle du Chaman, d'ailleurs cela se remarquait facilement car des herbes, des sachets et des instruments curieux étaient accrochés à la petite avancée placée là pour faire de l'ombre en été. Dans les 5 autres vivaient les descendants des plus anciennes familles du village. L'une d'entre elles avait captivé Eàrànë : elle était blanche, uniquement ornée de dessins représentant des symboles de l'ancien langage Rammélien peints en bleu. Hegié vit cela et dit à Eàrànë que c'est là que vécu Abyr, et qu'à présent sa descendance faisait la fierté de la tribu. Elle était encore en train de contempler ce lieu qu'elle considérait comme sacré, quand une voix forte et assurée la fit sursauter.
« Hé, Do'Hegié ! Depuis quand les anciens acceptent-ils que des courtisanes, tout justes bonnes à remuer langoureusement leur anatomie et s'habiller de façon presque indécente, viennent suivre un apprentissage dans notre tribu ? »
![1. Une Nouvelle Tribu [Partie 2]](http://a7.img.v4.skyrock.net/a73/les-guerres-de-xylene/pics/1505779340_small.jpg)
![1. Une Nouvelle Tribu [Partie 3]](http://a7.img.v4.skyrock.net/a73/les-guerres-de-xylene/pics/1533439972_small.jpg)
![2. Nessa [Partie 1]](http://a7.img.v4.skyrock.net/a73/les-guerres-de-xylene/pics/1565677728_small.jpg)